Pourquoi ubuntu ne rejoint pas le Debian Common Core ( http://linuxfr.org/comments/625106.html#625106 ) Parce que ça apporterais rien. Si j'était mauvaise langue, je dirait même que le but de canonical, c'est de répliquer l'idée du dcc, mais avec eux à leur tête. Voyons, dans l'arsenal, nous avons : bazaar et bazaar-ng --------------------- Des outils qui permettent de faire facilement des forks de source, que canonical sponsorise. L'idée étant bien sur de permettre aux distributions dérivées, comme kubuntu, comme edubuntu, de facilement suivre leur version de base. Gnoppix a déja changé, et se base sur ubuntu au lieu de debian ( http://www.sukria.net/fr/archives/2004/10/30/ubuntu-et-gnoppix-joignent-leurs-efforts/ ), pour des raisons de sorties réguliéres, si je me souvient bien. smart ------- ubuntu va surement aussi se baser sur smart, après avoir embauché gustavo niemeyer de conectiva ( http://www.livejournal.com/users/gniemeyer/11415.html#cutid1 ). Idéalement, et selon moi, ça permettrait d'avoir un outil multi distro et qui bouge, par rapport à apt, qui, il faut le reconnaitre, n'a pas énormement changé depuis 2 ans, à part le support des signatures, choses que proposent yum et urpmi depuis longtemps. Gustavo le dit lui même, le nouveau systéme est plus élégant que apt-rpm : http://distro2.conectiva.com.br/pipermail/apt-rpm/2004-October/002585.html Et par expérience, je peut dire que smart est plus facile à étendre que apt. python -------- Toute personne ayant installé une ubuntu aura constaté la présence de moult paquets python, voir même de doc python pour débutant, tout ça sans doute pour aider à l'apprentissage du langage. Un coup trés bien joué, car si la plupart des outils sont écrit en python, avoir plus de codeurs ne peut que aider, pour les rapports de bugs, etc, surtout si les codeurs en questions peuvent utiliser bzr pour gérer leurs modifications. Même avec un taux de 1% de personnes aptes à faire ça, ça fait suffisament de monde en plus sur la distribution. gnome ------- redhat a choisi gnome,sun aussi, suse/novell a choisi kde. Bien que kde soit très bien, je pense que le poids commercial de rh et sun est supérieur à celui de suse, et donc, du point de vue commercial, ça me semble plus judicieux. La compétition entre les deux va forcement entrainer un développement plus rapide. Et l'esprit de simplicité est plus important pour un utilisateur novice que la complétude de kde. launchpad ----------- Canonical essaye aussi d'offrir des services pour féderer autour de sa plateforme, comme launchpad ( http://launchpad.net ), bien qu'étant non libre ( http://azure.humbug.org.au/~aj/blog/2005/06/07 ). Ils ont aussi proposé un dépot pour les gens qui utilisent arch/bzr ( http://www.sourcecontrol.net/ ), toujours dans un but de déploiment de leurs idées. Du point de vue des techniques pour faire adopter sa plate forme, nous avons : un marketing d'enfer. ----------------------- Il faut le reconnaitre, un milliardaire qui fait un programme spécial éducation, qui donne des cds gratuits de son os, qui les envoie même par la poste par boite de 50 afin de les distribuer tout autour, ça n'aurait pas la même répercussion si c'était william G ou mark S. Et pourtant, l'un s'est enrichi sur le concept de rareté artificiellement provoqué, et l'autre... aussi, mais à plus grande échelle. Mais bon, tout le monde déteste microsoft, alors que tout le monde est tellement plein d'amour ailleurs. donner aux devs ce qu'ils veulent ----------------------------------- Aprés avoir vu le processus de dévelopement chez debian ( et du libre en général ) basé sur le consensus, et sur les flamewars, les gens de canonical ont eu l'idée de corriger les problèmes, histoire de faire avancer les choses. Ils sont donc revenus à un modèle plus simple ( exit testing ) et moins consensuel ( histoire d'éviter les discussions sans fin ), et ont évités les flamewars à coup de réglement : http://www.ubuntulinux.org/community/conduct donner aux users ce qu'ils veulent ------------------------------------ ce que veulent les utilisateurs, c'est avoir des softs tout de suite. Combien de gens se précipitent sur la derniére version des logiciels, juste pour l'avoir ? Vous avez surement croisé deja des personnes qui ne supportent pas l'idée d'avoir , o mon dieu, un vieux gnome, alors que le nouveau va tellement révolutionner leur vie. Ils veulent aussi le même soft que celui qu'ils avaient sous windows, comme openoffice, gaim, comme firefox ( intégré nulle part, avec une politique discutable sur plein de point, les icones, les non patch de sécu ( http://lists.debian.org/debian-security/2005/07/msg00302.html ) , l'"upgrade" forcé pour avoir les extensions ), alors que epiphany existe, est intégré à gnome et me semble plus dans l'esprit de simplicité de gnome. Il faut faire plaisir. D'ou l'intégration de gnome dés qu'il est sorti et l'utilisation de logiciels peu intégrés ( openoffice, firefox ), mais populaires. ne pas mettre trop l'accent sur les stations de travail --------------------------------------------------------- Rappeler partout que c'est basé sur debian, c'est reprendre le discours d'apple, sur mac Os x basé sur une couche unix, gage de fiabilité ( http://www.apple.com/fr/macosx/features/unix/ ) Mettre un mode serveur qui consiste en une installation de base, c'est faire croire que faire un serveur, c'est juste viré gnome. Pour moi, un unix orienté serveur, c'est par exemple offrir une interface de gestion pour le lvm, pour le raid, mettre smartmontools par défaut, et openssh. Ça serait aussi avoir un firewall par défaut, par exemple, et je suis sur qu'on peut trouver une tonne de truc dans ce gout. Mais, de toute évidence, pour la plupart des gens, si ça n'a pas X et qu'on fait du ssh dessus, ça suffit à être un serveur. Ça permet aussi de pas trop infantiliser les utilisateurs, qui du coup ne pensent pas qu'ils ont un os pour débutant, mais un véritable os pour expert, juste via une option à l'installation. faire parler de soi --------------------- On le voit lors de cette annonce, il y a enfin de quoi éditer les points de montages, un truc encore vachement mieux pour l'installation des softs, un boot splash, et moult nouveautés. Curieusement, on entendait rarement moins les gens dire que à cause du manque d'éditeur de point de montage, la distribution était moins facile à utiliser, et encore moins que d'autre ( diskdrake, yast, l'assistant de rh ) le proposaient deja. Tout ça, c'est faire du bruit autour de la distro. Je passerait aussi sur le coté "on a un os complétement libre", avec les drivers nvidia proposé sans modifications du source.list, tout en faisant un foin sur le support du mp3 ( alors qu'il est probable que d'autres brevets stupides soient violés et que tout le monde s'en foutent ). Envoyer des cds, c'est aussi un coup à faire parler du produit. Combien de personnes ont entendu parler d'ubuntu par ça, au lieu d'avoir vu les prémices 2 ans avant ( http://lists.debian.org/debian-devel/2003/08/msg00389.html ). favoriser les communautés et les centraliser ---------------------------------------------- Trouver un serveur, c'est pas si dur. Mais, afin d'éviter la dispersion ( http://linux.blogweb.de/archives/93-Hype-Hyper-Ubuntu.html ), Canonical propose des serveurs ( http://forum.ubuntu-fr.org/viewtopic.php?id=10840 ). Tout ça donc, pour avoir une infrastructure technique permettant le fork ( bzr, launchpad ), et facilitant l'adoption de la plateforme ( python, gnome ), et des communautés unies, vivantes et heureuses, pour avoir un effet boule de neige lors des annonces, le but étant donc de féderer les developpements autour de leur distribution, aussi bien pour la faire avancer que pour le bénéfice, en fonction des intentions qu'on prête à canonical. Et ç'est la que le dcc entre en jeu. Le but du debian common core est de faire des fork^W adaptations de debian, car c'est ce que veut le client, une version "personnalisé", et donc dans son esprit, forcément plus adapté à ses besoins. Il ne manquerait plus qu'il est le même truc que les autres clients, il ne faut pas déconner. Je rappelle qu'un directeur informatique qui dépense plus d'argent est un directeur qui a plus de budget, jusqu'à une certaine limite. Et un directeur avec un gros budget est un directeur important. Donc, dans cette masquarade, tout le monde y gagne. Sauf que, la ou le debian common core est dirigé par un groupe ( je croit ), canonical aurait la même chose mais avec eux à la tête. Ce qui, potentiellement, est bien plus facile à gérer, et, une fois encore, plus rentable selon les intentions qu'on préte à canonical. Il suffit de voir les divers postes de Ian murdock ( http://blogs.zdnet.com/open-source/index.php?p=375 ) sur ubuntu, sur son offre vers mandriva pour dire que ça sent le sapin pour le dcc ( http://internetnews.com/dev-news/article.php/3496541 , http://ianmurdock.com/?p=153 ). Il a même réussi à se faire retirer de planet debian, suite à des plaintes de personnes ( http://ianmurdock.com/?p=180, http://www.livejournal.com/users/keybuk/15569.html ). J'ai rien contre l'idée de canonical, je suis même admiratif des divers idées mises en oeuvres pour mener le tout à bien, et je ne doute pas que mark shuttleworth a également apporté beaucoup au libre, comme google ou apple, même si il y aura toujours des raleurs pour dire qu'ils auraient pu faire plus. Ubuntu a permis enfin de redonner un coup de fouet à debian, de faire entrer le libre encore un peu plus loin, et de faire progresser python. Après tout, le libre avance grace à redhat, grace à ibm, grace aux ssii qui font de l'argent sur le libre, au moins autant que grace à la fsf, grace aux étudiants qui font des rapports de bugs, de la traduction ou du développement libre sur leur temps perdus. Donc voila pourquoi, selon moi, ubuntu ne rejoint pas le dcc. Peut être que l'avenir me prouveras que j'ai tort,mais je ne croit pas. Rien que du point de vue organisationnel, ça ne ferait qu'alourdir l'évolution du projet.